Why are queer people so mean to each other?

[Ce texte est une traduction personnelle de l’essai « Why are queer people so mean to each other? » de Kai Cheng Thom, paru le 16 août 2019 sur Xtramagazine.com. Il m’accompagne depuis sa parution dans mes réflexions et mon cheminement au sein de la communauté queer, et plus généralement le travail de Kai Cheng Thom reste une boussole pour ma manière d’habiter le monde. Ce texte fondamental n’ayant pas encore eu de traduction française – en tous cas, il me semble – en voici une. Puisse-t-elle aider mes adelphes francophones à naviguer les défis constants au sein de notre communauté.]

Comment les neurosciences expliquent les traumatismes, les conflits et la culture de la dénonciation au sein de la communauté queer

Kai Cheng Thom • 16 août 2019

« Confondre mortalité et menace peut se produire dans tous les domaines. Le fait que quelque chose puisse mal tourner ne signifie pas que nous sommes en danger. Cela signifie simplement que nous sommes vivants. » — Sarah Schulman, Le conflit n’est pas une agression

Quand j’ai commencé à travailler comme thérapeute auprès de jeunes queer et trans, il était rare qu’une semaine passe sans qu’un de mes clients m’apporte une nouvelle histoire de drame queer explosif : quelqu’un avait tenu des propos problématiques lors d’une réunion de groupe et était désormais harcelé sans relâche pour rendre des comptes. Quelqu’un était en conflit avec son colocataire, ce qui avait dégénéré en une série d’attaques sur les réseaux sociaux, puis en une véritable guerre entre groupes d’amis. Tout le monde gaslightait tout le monde. Tout le monde était problématique. Personne ne se sentait en sécurité avec personne.

En tant que « thérapeute adulte et sage » (comble de l’absurdité, je n’avais souvent qu’un ou deux ans de plus que mes clients), mon rôle était d’apporter un regard compatissant sur la situation. Il y a toute une série de leçons de vie que les thérapeutes sont censés enseigner : notamment, que les conflits existent, mais que nous pouvons y survivre. Les gens sont souvent décevants, et nous avons le droit de fixer des limites dans nos relations – mais si nos boundaries sont trop rigides, nous serons toujours déçu·e·s. Le fait que quelqu’un ne nous apprécie pas ou ne nous aime pas ne signifie pas que nous sommes fondamentalement indignes d’être aimé·e·s. C’est cette sagesse qui caractérise le passage de l’adolescence à l’âge adulte, de la jeunesse à la maturité.

Pourtant, j’avais souvent l’impression que les adultes queer de mon entourage ne s’en sortaient guère mieux en matière de gestion des conflits, de compassion et de construction de relations. En réalité, d’une certaine manière, j’avais même l’impression que nous faisions pire, car les adultes ont souvent plus de pouvoir pour influencer directement la vie d’une personne en situation de conflit. Ces dernières années, les réseaux sociaux ont été un véritable déferlement de dénonciations. Il est devenu habituel d’ostraciser, de propager des rumeurs et de tenir des listes noires (« cancelling ») contre des personnes, pour les empêcher d’accéder à des événements et des espaces communautaires, en raison d’accusations allant de déclarations politiquement problématiques à des violences physiques. Et le terme « gaslighting » est sur toutes les lèvres, sauf lorsqu’il s’agit de leur propre comportement.

Tout cela pour dire que la communauté dans laquelle j’ai passé toute ma vie d’adulte à travailler et à vivre me semble parfois encore plus dangereuse et instable que le monde dominant, cisgenre et hétéronormatif dans lequel j’ai grandi. Mes années d’adolescence, une tentative d’évasion. Après tout, je peux au moins imputer la cruauté de la société hétérosexuelle et cisgenre à l’homophobie et à la transphobie. Mais pourquoi les personnes queer sont-elles si dures envers les personnes queer ?

Cette question me hante depuis une dizaine d’années et prend une place de plus en plus importante dans mon esprit à mesure que j’essaie de grandir, de laisser derrière moi le drame et les traumatismes constants qui ont marqué mon adolescence. Comment se fait-il qu’une communauté construite autour des notions d’amour libre, de sécurité et de famille choisie finisse si souvent par être cruelle et impitoyable envers ses membres ?

Cette question devient particulièrement cruciale sur la scène sociopolitique actuelle, alors que le fascisme et la crise climatique nous menacent, car si les communautés queer ne parviennent pas à s’unir et à se soutenir mutuellement, nous risquons de ne pas survivre. Ces dernières années, les penseurs queer et trans se sont penchés sur cette question sous différents angles, comme en témoignent l’ouvrage d’adrienne maree brown, militante de Detroit, Emergent Strategy (2017), et le (très) célèbre Conflict is Not Abuse de Sarah Schulman, New-Yorkaise, entre autres. Schulman aborde ce sujet du point de vue d’une militante-universitaire, soulignant que la communauté queer est en proie à des conflits qui sont à tort qualifiés d’abus — ce qui conduit ensuite à une escalade croissante des conflits qui tend à se terminer par le rejet et l’exil social.

Brown aborde cette question du point de vue d’une organisatrice communautaire et d’une visionnaire sociale, soulignant que l’organisation de mouvements pour la survie et le changement transformateur ne peut se maintenir par la seule culture de la critique et de la dénonciation. Je crois que les deux points de vue sont justes, mais ces arguments importants n’expliquent toujours pas pourquoi les communautés queer sont si sujettes à ce type de dynamique sociale autodestructrice. J’ai renoncé à mon référencement et à ma pratique en tant que thérapeute plus tôt cette année, mais je resterai toujours passionnée par la thérapie. Lorsque je me demande pourquoi la communauté queer est si dure envers les personnes queer, je vois la psychologie et la neurobiologie du traumatisme.

Des experts de renom dans le domaine de la neurobiologie, du traitement des traumatismes et de la somatique avancent que le traumatisme — défini au sens large comme une exposition à un stress ou à un danger de mort qui dépasse les capacités d’adaptation du corps — a un impact profond sur le développement du cerveau et du système nerveux. Les traumatismes répétés, en particulier ceux liés à la violence, aux abus et à la négligence, influencent profondément notre façon d’appréhender les interactions sociales. En bref, une exposition répétée au danger, due au comportement d’autrui, nous amène à percevoir tous les êtres humains comme intrinsèquement dangereux, et nos instincts primaires nous poussent à considérer les autres comme des menaces potentielles.

Appliquons maintenant cette théorie aux personnes LGBTQ+. Les recherches sociologiques montrent que ces personnes sont surreprésentées parmi les victimes d’abus, de violences sexuelles, de sans-abrisme et de harcèlement durant leur enfance et leur adolescence (et ces abus persistent souvent à l’âge adulte, malgré le projet « It Gets Better » de Dan Savage). Même celles et ceux parmi nous qui parviennent à échapper aux abus et à la négligence ont grandi dans un monde où le secret était de mise, où l’on pouvait, à tout moment, croiser une personne malveillante ou hostile à cause de notre identité. Un monde où nos droits fondamentaux et notre dignité pouvaient être bafoués au gré des décisions des élu·e·s. L’exposition constante à des traumatismes – à la menace bien réelle de violence et d’ostracisation de la part de notre famille, de nos ami·e·s et de la société tout entière – a pour conséquence que les personnes LGBTQ+, en tant que collectif, subissent un traumatisme profond qui affecte leur perception d’elles-mêmes et des autres.

Dans son ouvrage de 2014, The Body Keeps the Score, largement diffusé, le psychiatre et spécialiste des traumatismes Bessel van der Kolk explique que la mémoire du traumatisme est inscrite dans le corps sous forme de sensations intenses et de réactions physiques telles que douleurs chroniques, engourdissements, difficultés respiratoires, nausées, impulsions motrices et bien d’autres. Le psychologue Peter Levine, inventeur de la thérapie somatique pour la résolution des traumatismes, enseigne que ces sensations peuvent être classées parmi les mécanismes de survie ancestraux et primaires, ancrés dans le système nerveux : la fuite, le combat et la sidération. Ces stratégies primaires façonnent nos émotions, nos pensées et nos croyances fondamentales sur nous-mêmes et sur le monde.

Qu’advient-il d’une communauté de personnes qui ont grandi avec le sentiment d’un danger constant et imminent, et d’être fondamentalement inadéquates dans leur façon d’aimer et de s’exprimer ? Quel impact ce traumatisme collectif peut-il avoir sur nos corps et nos esprits ?

Les spécialistes du cerveau aiment à dire que « ce qui s’active ensemble se connecte ensemble », ce qui fait référence à la tendance du cerveau à former des réseaux neuronaux (des voies neuronales qui déterminent certaines pensées, émotions et réponses comportementales) qui se renforcent à chaque utilisation. La théorie du traumatisme soutient que les personnes traumatisées – et, selon moi, la communauté queer et trans dans son ensemble – possèdent des réseaux neuronaux profondément ancrés, façonnés autour de la sensation physique viscérale d’être constamment en danger, d’être inadéquates et indignes d’amour, et que les autres sont indignes de confiance et violents. Chaque fois que nous subissons des abus, de la discrimination ou de la négligence, ces réseaux neuronaux se renforcent, tandis que ceux associés à la sécurité et aux relations affectueuses s’atrophient. Nous devenons physiquement moins capables d’imaginer un monde où être avec les autres n’est pas synonyme d’être en insécurité.

C’est pourquoi, je crois, les communautés traumatisées ont tant de mal à s’aimer les unes les autres. Nous sommes conditionnés par la suspicion et la terreur de la trahison, ce qui alimente la logique de la mise à l’écart et de l’incarcération : nous en venons à croire que commettre une erreur – quelle qu’elle soit, grande ou petite – rend quelqu’un mauvais et dangereux. Nous croyons qu’il faut punir les personnes mauvaises et dangereuses, que certaines sont tout simplement trop mauvaises et trop dangereuses pour rester parmi nous.

Quelle ironie – quelle tragédie – que ce soit ça précisément que la société hétéronormative croyait (et croit encore dans bien des endroits) à notre sujet. Je ne peux m’empêcher de penser que c’est là la méthode idéale pour maintenir une communauté marginalisée et impuissante : nous amener à nous détester nous-mêmes et, ce faisant, à nous haïr et à nous craindre les uns les autres.

C’est la nature du traumatisme relationnel. Il nous apprend qu’il y a quelque chose d’intrinsèquement inadéquat en nous, que nous sommes fondamentalement incapables de recevoir de l’amour plutôt que de la violence. À mesure que cette croyance s’intériorise dans nos corps et nos esprits, nos stratégies de survie ancestrales et puissantes refont surface. Nous devenons extrêmement sensibles à la menace, dotés d’une aptitude exceptionnelle à déceler la moindre possibilité de trahison – et cette sensibilité est à son comble lorsqu’il s’agit de nos proches, de ceux que nous aimons et dont nous espérons qu’iels nous aiment en retour. Nous sommes prêt·e·s à nous en prendre à nos proches et à les punir lorsqu’iels nous déçoivent – ​​car si nous ne le faisons pas, nous risquons d’être puni·e·s en premier.

C’est pourquoi je crois que les personnes queer peuvent se montrer si dures envers les autres queers : précisément parce que nous désirons ardemment aimer et être aimé·e·s. Nos traumatismes nous apprennent à vivre ce désir d’amour comme une force à la fois irrésistible et explosive. Pris au piège de cette terrible double contrainte, les mécanismes de survie ancestraux de notre corps – combat, fuite, sidération – prennent le dessus pour nous défendre.

Le problème avec ces mécanismes de survie face aux traumas c’est qu’ils se sont développés au cours de millions d’années d’évolution. Ils sont destinés à la survie purement animale et ne sont pas capables de distinguer les nuances sociales ou morales dans le comportement des autres (c’est le rôle du cortex préfrontal, la partie antérieure du cerveau qui s’est développée plus récemment).

C’est pourquoi la littérature psychologique a démontré que les personnes et les communautés traumatisées sont plus enclines à la pensée dichotomique, un mode de pensée qui catégorise les individu·e·s en « tous bons » ou « tous mauvais ». Ce mécanisme de défense est puissant lorsqu’il s’agit de prendre des décisions rapides et tranchées sur la nature des personnes, amies ou ennemies. Il est en revanche beaucoup moins efficace pour résoudre les conflits ou réparer les relations, situations par nature ambiguës, complexes et imparfaites.

Au sein de la communauté queer, sous la pression constante de l’oppression et de la violence systémiques, nos instincts de survie sont exacerbés (« fight-flight-freeze »). Nous percevons le danger partout, car il est omniprésent ; et pour compenser, nous exigeons uniformité et cohésion parfaite de la part des autres membres de notre communauté. Les écarts et les dissensions sont perçues comme des menaces pour notre collectivité – c’est pourquoi nous sommes submergé·e·s d’adrénaline et de cortisol (hormone du stress) lorsqu’une personne tient des propos problématiques lors d’un atelier politique ou lorsqu’un·e ami·e publie une opinion controversée sur Twitter. Nos systèmes de gestion des menaces s’activent, catégorisent les comportements problématiques comme une menace et passent souvent à l’offensive pour neutraliser le danger perçu.

Pour notre instinct, les petites trahisons perçues sont indiscernables de toutes les trahisons et abus du passé. Nos adelphes et nos proches qui nous déçoivent deviennent à nos yeux indignes de confiance, voire dangereux•ses ; nous régressons mentalement vers ces moments de l’enfance où l’on nous a fait sentir impuissants et indignes d’amour. Voilà qui recommence. Encore un exemple de la méfiance généralisée. Comment ne pas être furieux ? Comment ne pas réagir violemment, exiger punition et rejet, tenter de nous débarrasser de celleux qui nous ont blessé·e·s ? Nous avons bien retenu la leçon étant jeunes. La punition est le seul moyen de faire apprendre. Quand quelqu’un a trop mal agi, il faut s’en débarrasser pour être en sécurité.

Nos schémas de pensée traumatiques ne sont ni mauvais ni maléfiques. Au contraire, ils sont bénéfiques : ils nous ont permis de survivre à l’impensable. Mon propos n’est pas de dire qu’il faut abandonner nos stratégies de survie face aux traumatismes, ni de douter de notre propre corps, mais plutôt qu’il est peut-être nécessaire de cesser de considérer nos traumatismes comme individuels et de les percevoir comme collectifs. Ainsi, nous ne souffririons plus seul·e·s face à nos traumatismes, au sein d’une communauté imprégnée d’une mentalité de « seul·e contre le monde », mais plutôt au sein d’une communauté fondée sur la guérison collective.

De plus en plus, des leaders et des thérapeutes engagé·e·s pour la justice sociale se tournent vers la somatique comme source de sagesse et de stratégie. La somatique est un courant de pensée et une pratique qui place le corps, sa sagesse animale et son savoir primordial au centre du potentiel humain. Une branche spécifique de la somatique est la somatique générative, un mouvement de la côte ouest américaine regroupant des thérapeutes politisé·e·s qui considèrent que les pratiques sociales et culturelles deviennent des « formes », des visions du monde incarnées, des habitudes, des modes de relation, des actions et des inactions automatiques.

Quand j’imagine la « forme » de la communauté queer, je vois un cercle de personnes assises côte à côte, chacune recroquevillée sur elle-même, la tête sur les genoux. Elles sont proches, mais pas ensemble. Nous avons peur de nous toucher. Nous défendons nos limites en attaquant et en punissant celles et ceux qui les franchissent, alors que parfois, ce que nous voulons vraiment leur demander, c’est de se rapprocher, de nous aimer et de nous respecter avec plus de finesse et de compassion.

Le changement commence par la conviction que changer est possible, lorsque nous invitons notre corps à envisager la possibilité d’une connexion. Nous sommes capables de créer une culture qui s’engage pour la guérison au niveau cellulaire, qui nous encourage à expérimenter le contact, tant physique qu’émotionnel. Un contact bienveillant libère de l’ocytocine et d’autres hormones qui détendent notre corps et préparent notre cerveau à une réflexion relationnelle, éveillant notre imagination, et nous permettant d’envisager de nouvelles et meilleures façons de gérer les conflits. Ce qui s’active ensemble crée des liens. Un contact bienveillant engendre un contact bienveillant. La compassion et le pardon engendrent la compassion et le pardon.

Concrètement, cela peut signifier s’arrêter et respirer, prendre le temps de se calmer face au flot d’émotions qui nous submerge lorsque nous voyons quelqu’un tenir des propos ignorants ou blessants en ligne. Nous pouvons faire une pause et solliciter le soutien de nos aîné·e·s et de nos pair·e·s lorsque des conflits surgissent (comme c’est inévitablement le cas) avec nos adelphes et notre famille de cœur. Nous pouvons consacrer ce temps à prendre soin de notre nature profonde, à nous rappeler que nous sommes des personnes entières, bonnes et dignes d’amour. Grâce à cet ancrage, nous sommes plus à même de nous connecter, de réparer, d’apaiser les tensions.

Désescalader une situation, c’est agir avec une sécurité intérieure et une bonne foi générale – non pas une bonne foi naïve qui croit que chacun est innocent et digne de confiance, mais la conviction que chacun a le potentiel de l’être. Désescalader c’est explorer d’autres options avant de s’engager pleinement dans le combat (même si nous gardons cette possibilité à portée de main, au cas où). Cela peut se traduire par le simple fait de prendre ses distances avec une relation qui semble devenir toxique plutôt que de répandre des rumeurs sur l’autre personne, de parler avec humilité plutôt qu’avec une colère indignée lorsqu’on aborde un comportement problématique, ou encore de reconnaître son propre ego et sa capacité à se tromper lors de la résolution d’un conflit.

Nous sommes capables d’explorer les profondeurs de notre être collectif et de notre âme collective. D’insuffler une nouvelle vie à chaque être, d’étendre l’amour même à nos parts les plus craintives et les plus rejetées. Pouvez-vous aimer votre propre capacité à faire du mal et à vous tromper ? Puis-je aimer la mienne ? Sommes-nous capables de dissocier le fait de poser des limites aux comportements nuisibles et abusifs – ce qui est toujours notre droit et une étape nécessaire – de la punition et de la vengeance ?

Il ne s’agit pas de dire que nous devrions laisser les gens impunis pour leurs comportements nuisibles ou forcer les victimes à rester dans des relations avec leurs agresseurs. Les limites sont une composante essentielle de l’amour ; les fixer nous permet de créer l’espace nécessaire pour nous aimer nous-mêmes et aimer les autres. Il y a une différence entre poser une limite et contenir les actions nuisibles, même aussi graves que les abus et la violence, et punir quelqu’un par vengeance. Il y a une différence entre mettre fin à une relation avec une personne abusive et exiger que cette personne disparaisse de la société.

Lors de mon premier cours de somatique, l’enseignante nous a parlé de corégulation : la capacité de nos systèmes nerveux à s’harmoniser progressivement. Elle a comparé cela à un groupe de lucioles se rassemblant la nuit : leur bioluminescence clignotante commence de manière aléatoire et asynchrone, mais plus elles passent de temps ensemble, plus leurs clignotements se synchronisent autour d’un rythme commun.

Voilà qui nous sommes : chacun·e d’entre nous est si puissant·e, si brillant·e, si capable d’une résilience vive et individuelle. Nous sommes aussi capables d’harmonie, de nous unir pour former une seule et même lumière éclatante. Nous avons la capacité de nous aimer profondément et en toute sécurité. Et nous sommes capables d’imaginer un monde, de créer un monde, où nous n’aurons plus besoin de nous entretuer pour survivre.

 

 

Kai Cheng Thom est écrivaine, performeuse et travailleuse sociale. Elle partage son cœur entre Montréal et Toronto, territoires autochtones non cédés. Elle est l’autrice du roman « Fierce Femmes and Notorious Liars: A Dangerous Trans Girl’s Confabulous Memoir » (Metonymy Press), finaliste du prix Lambda, ainsi que du recueil de poésie « a place called No Homeland » (Arsenal Pulp Press). Son dernier ouvrage, « Falling Back in Love with Being Human », un recueil de lettres et de poèmes, est disponible chez Penguin Random House Canada.

Xtramagazine.com, août 2019

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